Le château de Chanzé, imprégné d’une histoire qui remonte au XIe siècle, témoigne d’un héritage fait d’hommages féodaux et d’actes nobles.
Depuis ses premières mentions sous les noms de Canziacus et Chanzeium, le domaine a été le théâtre de donations aux moines et aux églises par les seigneurs de Chanzé, renforçant ainsi son importance spirituelle et communautaire. La famille Amenard, réputée pour sa vaillance au combat et ses alliances nobles, a joué un rôle central avant que le domaine ne passe aux mains des Montalais, puis à la puissante famille du Bellay. Chaque époque a contribué à l’évolution architecturale et culturelle du château, en faisant un monument historique d’importance majeure.

Mentionné pour la première fois au XIe siècle.

Le Château de Chanzé, mentionné pour la première fois entre 1055 et 1070 sous le nom de Canziacus, a un passé riche et chargé d’histoire. La terre a rendu hommage à plusieurs seigneurs, avec des hommages comprenant une partie de la récolte le jour de la Sainte-Catherine, et des dons importants à l’église Saint-Jean par les premiers seigneurs tels que Guillaume et Arnaud de Chanzé. L’héritage s’est poursuivi avec des personnages importants comme la famille Amenard, dont les contributions et les actes héroïques lors de batailles comme celle d’Agincourt ont façonné l’histoire de Chanzé. Plus tard, les familles Montalais et du Bellay ont encore influencé le domaine, avec des reconstructions et des agrandissements importants au XVIe siècle.
Chanzé est mentionné pour la première fois dans des documents entre 1055 et 1070 sous le nom de Canziacus ou Canzi, puis entre 1070 et 1118 sous Chanzeium, Chanzé.
« La terre de Chanzé devait un sextuple hommage aux seigneurs de Sourches, de Thouarcé, de Vezin, de Mûrs, de Vauchretien et de Martingé-Briant par un tribut de 6/7 de la récolte le jour de la Sainte-Catherine. La veille et le jour des saints, une messe a été chantée pour toutes les âmes présentes dans la chapelle ».
La première mention des seigneurs de Chanzé se situe vers 1080 lorsque Guillaume et Arnaud de Chanzé, font don aux moines de Saint-Florent de plusieurs terres et d’une rente de cent anguilles du moulin à eau d’Ermenbert, situé près de Chanzé. Ils suivent l’exemple d’Isembert, seigneur de Thouarcé, qui offre un refuge aux moines et donne des terres pour construire l’église Saint-Jean et d’autres bâtiments.
En 1093, la nouvelle église Saint-Jean de Thouarcé est achevée. Le jour de la dédicace, Isembert le Jeune, seigneur de Thouarcé, les seigneurs de Chanzé, du Mesnil, de Sourdigné et d’autres personnes ayant contribué à la construction marchent en tête du cortège.
Dans les livres de l’Abbaye de Saint-Florent à Saumur est documentée une dotation qu’Arnaud de Chanzé fit pour son âme éternelle et au profit de l’Eglise de Saint-Jean à Thouarcé.
En février 1225, un traité fut conclu entre André de Doué, seigneur de Thouarcé, et Olivier de Daon, seigneur de Pocé et de Gillebourg, concernant leurs droits respectifs sur les bois de Lattay. Il fut convenu qu’Olivier de Daon prendrait quatre de ses vassaux pour prouver ses droits, et pour sa part le seigneur de Thouarcé choisit Geoffrey et Guillaume de Chanzé, chevaliers, et Pierre et Foulques de Cocé, clercs. Le serviteur du seigneur de Thouarcé devait recevoir les sommes dues pour le droit de pacage des porcs, en donner un dixième au prieur de Thouarcé, et la moitié de ce qui restait devait appartenir au seigneur de Gillebourg. Lorsque le seigneur de Thouarcé envoyait des gens chercher du bois dans la forêt, le seigneur de Gillebourg avait le droit d’exiger, pour une charretée, trois boisseaux de seigle et un sou ou un petit gâteau. Enfin, toutes les contestations qui peuvent s’élever relativement à ces usages doivent être jugées à Thouarcé.
Amenard
Plus tard, les Amenard deviendront seigneurs de Chanzé. Ils possèdent également les domaines voisins d’Assay, Noyers, Montbenault, Luigné, Petit-Riou, etc. Suite à l’extinction de la lignée originelle de Chanzé, Pean Amenard, chevalier et époux d’Isabelle de Baussay, est le premier successeur mentionné vers 1300. Guy Amenard suit en 1315 puis Jean Amenard dont le petit-fils, Briand et un autre Guy succombent à la bataille d’Agincourt en 1415.
Le 12 juillet 1428 Jean Amenard, chevalier et seigneur de Chanzé écrit au seigneur de Thouarcé un aveu pour la partie de sa terre de Chanzé, avec droit de moyenne et basse justice et donne sa foi et simple hommage d’un cheval de service.
Le cadet Jean, qui se distingue à la bataille de Broissignière contre les Anglais, assure la ligne des Amenards. De ses cinq enfants, la fille épouse le célèbre Jean de Fontaine-Guérin, héros de la bataille de Baugé 1421 contre les Anglais. Sa statue se trouve devant l’église de Fontaine-Guérin. Le roi René le fait chevalier de l’Ordre de la Croix et des indices laissent penser que c’est Jean qui a reconstruit Chanzé.
12 janvier 1468 Jean Amenard, écuyer, seigneur de Chanzé, traitant du mariage de sa sœur Catherine avec Jean de Villeneuve, écuyer, seigneur de Villeneuve, offre la somme de cent livres tournois (ancienne monnaie) de rente, partie en argent et partie en denrées. Dans ce contrat, on voit que le setier de blé, mesure de Brissac (environ deux hectolitres), est évalué à vingt sous, le setier de seigle, à quinze sous, un chapon (coq domestique castré et engraissé pour être mangé), à douze deniers ou un sou, une poule à huit deniers. Le seigneur de Chanzé promet en outre de donner la somme de deux cents écus d’or en meubles.
Il meurt à la bataille de Crénon en 1472. Renée, sa fille cadette, épouse Christophe de Goulaines en 1505 et meurt en 1508. En 1534, ses enfants deviennent pupilles de leur oncle, Mathurin de Montalais.
Vers l’an 1520, Jaques du Plantys, seigneur de Marchais, fit construire une chapelle sur le côté nord de l’église de Faye, attenant à une arcade de la nef ; Mais Mathurin de Montalais, chevalier, baron de Courcelles, époux de Renée de Goulaine, seigneur et dame de Chanzé, ayant établi qu’en qualité de patrons et fondateurs de ladite église, ils avaient droit d’avoir leurs armoiries peintes sur une bande, autour des murs à l’intérieur et à l’extérieur, d’y être enterrés, d’avoir un banc et un oratoire, enfin d’empêcher le seigneur de Marchais d’empiéter sur ces droits ; il s’ensuivit un procès, terminé par une transaction.
Montalais
Robert de Montalais, son of Mathurin de Montalais and Renée de Goulaines, became Master of Chanzé in 1539.
Du Bellay
Le 21 avril 1543 Mathurin de Montalais, chevalier, seigneur de Chambellay, et Robert de Montalais, son fils aîné, ainsi que ses autres enfants, cèdent à Jacques du Bellay, puissant baron de Thouarcé, seigneur d’Anjou et « panetier ordinaire du roi » la terre et seigneurie de Chanzé. « composée de château, métairie, chapelle, granges, pressoir etc… » et reçut en échange la terre de Louvaines.
En 1548, Jacques du Bellay, qui prend alors le titre de baron de Thouarcé, fait reconstruire le château de Chanzé avec une partie des matériaux de celui de Thouarcé. Il construisit une petite pyramide sur la fontaine de la Saulaye située près de la Hucaudière, et au moyen de tuyaux en terre cuite, l’eau de cette fontaine arrivait au château de Chanzé en passant sous le Layon.

Jacques du Bellay
Le 25 mars 1576, Jacques du Bellay a l’honneur d’accueillir sous le toit de Chanzé le roi de Navarre (photo), futur Henri IV ou « le bon roi Henri ». Le curé de Saint-Lambert-du-Lattay, dont la paroisse est traversée par le roi ce jour-là, écrit dans son journal ce qui suit :
« Le 26 mars au matin, le roi de Navarre et le comte de Mon(talais), le gouverneur et d’autres grands seigneurs se rendirent à Saint-Lambert avec leur entourage. Et ce furent les Huguenots qui pillèrent et dévastèrent…« et un pauvre homme du nom de Jacques Parent “assassiné par les hommes d’armes du Roi” fut enterré ce jour-là ».
Par acte passé le 7 décembre 1598, François Guynoiseau, Monsieur du Verger et fermier de la baronnie de Thouarcé, demeurant au château de Chanzé, procureur de René du Bellay loue à Urbain Glétron, serrurier, la motte du vieux château de Thouarcé, située au nord de l’église, dans le fossé, pour la somme de quarante sous de rente.
La famille du Bellay reste propriétaire de Chanzé jusqu’en 1663.
Cossé Brissac – Château de Chanzé: From 1663 Acquisition to 1793 Destruction
Le 19 juillet 1663, Henri-Albert de Cossé acquiert le marquisat de Thouarcé comprenant le château de Chanzé, vendu par les héritiers de Charles du Bellay, mort accablé de dettes vers le début de l’année 1662. Un acte de cette époque rappelle que Charles de Savonnières, l’un des héritiers, avait emporté du château de Chanzé deux faucons, ou espèces de petits canons qui servaient à la défense de cette place, un grand calice d’argent doré qui se trouvait dans la chapelle, l’étendard (probablement en bronze) du boisseau, mesure de Thouarcé, et d’autres objets précieux.
Charles-Albert Cossé, frère cadet d’Artus-Timoléon-Louis Cossé, abbé de Brissac, marquis de Thouarcé de 1700 à 1712 vivait au château de Chanzé et est décédé le 13 avril 1712.
En 1703, Charles-Albert de Cossé, marquis de Thouarcé, fit restaurer la chapelle du château de Chanzé, et la bénédiction solennelle en fut faite le 20 octobre par François-Gaultier de Chanzé, prieur de Faye, en présence dudit de Cossé, de l’abbé de Brissac, de François Herpin, prieur de Chavagnes, de Marin Labbé, curé de Quincé, et de R. Belliard, vicaire de Faye.
Les Cossé Brissac résident souvent dans le vieux château de Chanzé, bien entretenu, avec ses jardins au bord du Layon jusqu’à la révolution. C’est pendant la guerre de Vendée 1793-94 qu’il est incendié.


Château de Chanzé : De la vente de 1810 aux rénovations et à la vinification de 1871
Hunault
Le 11 novembre 1810, la propriété, dans son état de délabrement, est vendue pour 20 000 francs par le comte Auguste-Timoléon de Cossé Brissac à Mme Marie Hunault, veuve de Mathurin Billard de Chavagnes. Le même jour, elle loue la ferme à Jean Durand. La ferme change ensuite de mains à plusieurs reprises au cours du XIXe siècle.
Robert and Huault-Dupuy
En 1817, Etienne-Louis Robert, de Champloin, commune de Saint-Georges-des-Mines, achète le château de Chanzé avec la ferme pour 37 500 francs. Il restaure entièrement le château. Avant l’incendie, l’édifice comptait deux étages de plus qu’actuellement. Le château reçoit une nouvelle toiture en ardoise. L’accent est désormais mis sur la production de vin pour générer des revenus. Le château possède plusieurs vignobles sur la colline derrière le château et des parcelles sur la rive sud du Layon.
Etienne-Louis Robert (ⴕ 1821) était marié à Marie Anne Pelé (ⴕ 1827). Ils ont eu un fils Etienne Robert (ⴕ 1842) qui a épousé Jeanne Marie Dugré (ⴕ 1830). Ils ont eu un enfant Aimée Marie Robert (1824-1893) qui a épousé le docteur Adolphe Dominique Bouvier (1818-1882).
C’est cette Aimée Marie Bouvier qui a rénové l’aile ouest du Château de Chanzé et dont la croix se trouve à l’entrée de la propriété.
Les Bouvier ont une fille Marie Aimée Bouvier qui épouse le 18 avril 1871 Valentin Huault-Dupuy, artiste, avocat, ancien chef de bataillon au 2e régiment territorial, maire du Louroux-Béconnais et conseiller d’arrondissement.
La Terre de Chanzé se compose du château, de l’enclos du même nom, de deux prés, d’un jardin, de la ferme de Chanzé, de celles de la grande et de la petite Misolive et de la ferme de la basse Tremblaye.
Château de Chanzé : gestion du vignoble au début du XXe siècle, incendie et vente en 1932
Valentin Huault-Dupuy poursuit la vinification à Chanzé sur différents vignobles totalisant 9 hectares. Il meurt en 1912 et son fils Robert reprend l’exploitation. Tous deux tiennent un journal de leur vignoble et de leur cave.
« Ma grand-mère avait hérité de la propriété de Chanzé de sa tante Pelé, dont le mari Etienne-Louis Robert l’avait achetée en 1817. En ce qui concerne Chanzé, ne me donnant que les déboires de la vente du vin, les vignes qui avaient coûté 90 000 francs à mon père pour les replanter étant prêtes à mourir, le château étant inconfortable et mon fils refusant de l’habiter, j’ai décidé de le vendre et de l’utiliser, j’ai acheté à La Baule une villa où j’ai mis une partie des meubles de Chanzé, le salon que j’avais acheté à mon mariage, et en souvenir du vieux château, je l’ai appelé Chanzé à la mer. »
Extrait du document « souvenirs de famille » de Robert HUAULT-DUPUY
En 1878, Aimée Marie Bouvier (1824-1893) s’installe dans l’aile ouest du château et fait entreprendre des travaux de rénovation. L’aile sud servait à l’époque de salle à barriques pour la fabrication et le stockage du vin.
« 23 mars 1875 : Le puits situé à l’est de Chanzé, au pied de la colline, fait maintenant partie du nouveau chemin. Les murs latéraux et arrière abritent maintenant une chapelle. Le toit est couvert de tuiles d’ardoise. Les conduites d’eau en terre cuite ont été raccordées à une citerne située à 12 m à l’est du bâtiment. Cette conduite a une longueur de 36 m car le puits se trouve à 48 m de la maison.
26 octobre 1875 : Mme Bouvier m’a dit qu’on a trouvé dans les bâtiments adjacents des fragments de tuiles vernissées qui remontent à 1550 environ et qui faisaient partie d’une conduite d’eau venant de la source de la Saulaye ou de la Hucaudière. Mais ces conduites ont été détruites en 1612.
19 octobre 1877 : Mme Bouvier vient de temps en temps inspecter les travaux à l’intérieur du château. Elle a l’intention d’y résider.
Le 19 août 1884 : Mme Bouvier m’a montré ses chambres au premier étage du château : Salon, salle à manger, chambre à coucher et salle de bain.
En 1888, Mme Bouvier a fait ériger une croix en pierre au nord du château, à l’ouest du chemin qui mène à la ferme, à l’intersection de la route nationale 20. La croix en pierre ronde est posée sur un socle carré. Il n’y a pas d’inscription. (Cette croix existe encore aujourd’hui).
9 octobre 1893 : Mme Bouvier est décédée le 6 octobre 1893. M. Baudriller, plombier de Thouarcé lui a fait un cercueil de plomb qui a été enchâssé dans un cercueil de chêne ».
Excerpts from the diary of Louis Raimbault (apparently a builder):
En 1889, le Coteaux du Layon du Clos de Chanzé a remporté une médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris. Le vin provenait probablement d’un millésime antérieur au phylloxéra qui a frappé le vignoble.

L’incendie du Lightning 1906, les premiers propriétaires et la vente de 1932
8 mai 1906, le toit du château brûle sous l’effet de la foudre
ANGERS – La nuit dernière, la foudre est tombée sur le château de Chanzé, près de Faye, et y a déclenché un violent incendie. Les dégâts sont très importants.
Le château de la CHANZE date du XIe siècle. Il a appartenu à Jacques du Bellay et ses descendants l’ont conservé jusqu’en 1663. Devenu depuis la propriété de la famille Cossé-Brissac, il fut vendu plusieurs fois et actuellement il est la propriété de M.Huault-Dupuy, conseiller général, et dont le fils a épousé Mlle Bodinier, fille du sénateur Paul Bartel.
Le 11 août 1932, la famille Huault-Dupuy vend à la famille Alexis Gallard-Souchet.
Extrait de presse concernant l’incendie du château
Gallard-Souchet
Le 11 juin 1965, Mme Metaireau-Gallard hérite du château et le vend le 1er décembre 1971.

De la restauration de Maugin à la Renaissance à l’achat de Fry en 1989
Dominique Doutreligne
Il y avait autrefois une grande cave à vin avec une cheminée désaffectée au rez-de-chaussée, une entrée et une antichambre adjacente avec une cheminée et deux petites pièces de rangement. A l’étage suivant, il y avait trois pièces, un débarras et des toilettes. Au dernier étage, il y avait un passage avec quatre pièces. Au deuxième étage, une grande pièce avec cheminée et deux petites pièces.
Maugin
Roger Louis Maugin achète l’ensemble du château et fait appel au célèbre Atelier Perrault de Saint-Laurent de la Pleine pour des travaux de restauration dans le style de la Renaissance.
Fry
Le 28 avril 1989, Simon Jeremy Fry de Londres achète le château à Roger Louis Maugin et le 19 mars 1992, la ferme attenante d’environ 6 hectares à Jean-Paul René Métaireau.

Stösser-Gliott
Le 15 juillet 1993, le Dr Heinrich et Maria Albertina Stösser-Gliott, originaires de Suisse, achètent le domaine, avec tout le mobilier. En 2005, la ferme est entièrement rénovée, une grande piscine est construite, un restaurant, des studios et des appartements font partie des rénovations.
Depuis 2015
Le Château a été remis à Michael le 2 avril 2015 afin qu’il poursuive la conservation de ce château avec amour.
